METRO EXODUS - UN FPS À L'AMBIANCE DANTESQUE
Pour ceux qui ont bouclé en long, en large et en travers les premiers jeux de janvier 2019, Metro Exodus pourrait bien être un candidat idéal pour figurer dans votre liste à rallonge de titres à faire et s’impose comme une sortie majeure de février. Mais dans les faits, ce troisième opus est-il à la hauteur des somptueux trailers diffusés jusqu’à aujourd’hui ? Les tares relevées lors de la dernière preview persistent-elles ?

UNE AMBIANCE FOLLE POUR UN MONDE INQUIÉTANT, MAIS SUPERBEtest Metro Exodus

Emboîtant le pas de ses aînés, Metro Exodus pose ses bagages en 2036, soit après Metro 2035, le nouveau tome de la série écrite par Dmitri Gloukhovski. Si l’époque change, l’équipe qui compose ce volet inédit vous sera quant à elle familière puisqu’il s’agit d’Artyom, de sa femme Anna et de leurs comparses. Au fait que tous les joueurs n’ont peut-être pas eu l’opportunité de faire les précédents volets, sur la génération passée ou actuelle, 4A Games rappelle le cadre de l’action par l’intermédiaire d’une cinématique. Certains détails ou noms échapperont aux néophytes au début, mais des choses sont dites ou parsemées pour ne pas subir complètement le scénario. Trois ans plus tard, c’est donc l’heure des retrouvailles avec Artyom, qui à notre grand désarroi, n’a toujours pas regagné l’usage de la parole. Le seul moment où vous pourrez entendre sa voix, qui semble plutôt appartenir à quelqu’un de plus âgé et tranche avec l’image que l’on peut se faire de lui, ce sera durant les résumés des événements proposés avant chaque changement de zone (un moyen judicieux pour masquer le chargement des différents niveaux). Un choix qui peut parfois se comprendre pour intégrer le joueur au récit, mais qui est plutôt inapproprié dans ce cas de figure. Mine de rien, cela amoindri considérablement l’impact que certaines scènes auraient pu avoir avec un personnage disposant d’une langue, en toutes circonstances.

Ayant fui les tunnels insalubres du métro de Moscou, les protagonistes ont levé le camp en direction d’une Russie qui tente de rester debout après la guerre nucléaire qui a éclaté à l’Est. Persuadé d’avoir capté un appel, synonyme de vie, Artyom convaincra peu à peu sa bande de l’intérêt de faire des virées à l’extérieur, en voyageant de destination en destination à bord du train de l’Aurora. Si la trame se montre probablement trop ronronnante, accentuée par le rythme lent voulu par les développeurs et les trajets dans les sections beaucoup plus ouvertes, le manque d’expression sur les visages et dans le jeu des personnages n’aident pas nécessairement à s’attacher à eux. Cependant, certaines séquences bien senties nous auront fait mentir sur ce point. Mais peu importe, là où ce volet peut-être considéré comme une grosse gifle, c’est vis-à-vis de son atmosphère. Oui, cet épisode a ses défauts que nous verrons, mais ce point n’en est pas un. Metro Exodus est souvent une claque magistrale en termes d’ambiance. Il est clair que l’équipe derrière le projet n’a pas freiné des deux pieds, mais a au contraire retroussé ses manches pour que l’on soit marqué d’une manière ou d’une autre.

test Metro Exodus

A chaque environnement, son propre climat. Un hiver rude pour la Volga, l’automne pour le décor montagneux ou encore la chaleur du désert de “La Caspienne”. Comme lors de notre ultime preview, c’est ce secteur qui nous a fait le plus vibrer, un écho direct à la sublime franchise Mad Max de George Miller. Vers la fin, de nuit, vous en prendrez plein les yeux tant le travail des artistes sur les panoramas, mais également sur la crédibilité des ennemis, est colossal. Pas de doute, nous évoluons bien dans un univers post-apocalyptique. Ces passages, les développeurs les distillent à leur gré au fil du jeu, sauf au cours de la dernière partie, qui vous scotchera sur place malgré des décisions discutables de game/level design. Cela fait longtemps que nous n’avions pas vu cela. Metro Exodus a une vraie patte, un vrai sens de l’esthétisme, si bien que l’on peut être aussi déçu lors de portions plus classiques. Les PNJ sont également riches en folie par moments. En plus des cinématiques, des documents à ramasser ou du journal d’Artyom, le studio use des paysages pour dérouler sa narration environnementale. C’est pour cette raison que vous fouillerez éventuellement tous les recoins de la carte. Discrète, l’ambiance sonore se focalise essentiellement sur de simples bruits, voire sur l’absence de sons. Dommage, car le thème principal est excellent.

UN SURVIVAL QUI ÉCHOUE DANS CERTAINES SCÈNES D’ACTIONtest Metro Exodus

Bien qu'Artyom demeure muet comme une tombe, les environnements se sont eux émancipés dans le but de s’ouvrir complètement. Sans verser dans l’open world, les niveaux sont tout de même bien plus larges, avec plusieurs points d’intérêt annexes pour les plus curieux et téméraires d’entre vous. Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas de missions à proprement parler, du style “ramenez cet objet A au point de chute B” (ça peut toutefois arriver), mais plus de découvertes de zones qui pourront vous gratifier de loot spécial. Le rythme est par conséquent dilué et si nous n’avons pas forcément retenu ces moments où nous avons dévié de la route principale pour les objectifs, le monde ouvert est défendable d’un point de vue de l’ambiance, encore une fois. En revanche, impossible de ne pas s’assoupir ou de fulminer durant les passages en véhicule, la barque en tête, tant la maniabilité est approximative et n’apporte pas grand chose à l’ensemble, si ce n’est rien. Heureusement, vous pourrez souffler entre deux marches ou entre chaque kilomètre englouti avec des scènes plus intimistes, plus linéaires, sous l’univers en miettes. Soyez prêt à sortir votre briquet ou à recharger votre lampe pour ne pas vous faire découper par vos adversaires, quels qu’ils soient. Plus étriquées, ces séquences sont anxiogènes au possible, mais après tout, c’est bien ce que l’on recherche.

Autre souci qui stagne et qui atténue l’expérience : l’IA, encore déplorable. Parfois, vous allez vous faire détecter sans trop comprendre pourquoi, mais la plus grande majorité du temps, les ennemis seront totalement aveugles et ne daigneront pas bouger de leur périmètre de patrouille. Les boîtes de conserve, offertes pour faire diversion, sont alors clairement inutiles et fonctionnent une fois sur deux, sous réserve qu’une cible soit suffisamment proche de l’objet jeté à terre. C’est d’autant regrettable que vos bruits de pas pourront par exemple être entendus, mais en l’absence d’IA, difficile à appliquer in-game. Veillez également à avoir une vue dégagée sur la tête de vos opposants si vous voulez les neutraliser, car des murs invisibles pourraient faire échouer votre tir et griller votre position. Des imperfections qui collent décidément à la peau de la licence.

test Metro Exodus

Du côté de la technique, le jeu souffre aussi de lacunes. Chutes de framerate et tearing s’inviteront à la fête, du moins sur les versions classiques (PS4 pour nous), alors que le niveau graphique de ces moutures ne justifie pas des performances en dents de scie. Les chargements si vous relancez une sauvegarde sont également une plaie. Sur PC, le constat est tout autre, vous en prendrez plein les yeux, si toutefois vous possédez la machine de guerre capable d’exprimer tout le potentiel du soft. Vous voulez vraiment vivre les trailers diffusés au cours des salons comme l’E3 ? C’est bel et bien sur PC que ça se passe. Est-ce que les homologues consoles (PS4/Xbox One) sont pour autant des tue l’amour ? Non, tout simplement parce que la direction artistique de Metro Exodus est telle que vous “oublierez” les visuels moins bons que prévus. Un dernier mot pour les joueurs de “l’équipe bleue”, la lumière de la Dualshock 4 permet de savoir si Artyom est visible ou non de ses proies, pour ainsi vous abstenir de regarder constamment votre montre et son petit témoin lumineux. Déjà disponible sur Metro Redux, cette option est assez maligne.

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